Varennes
Le Domaine de La Fontaine du Coeur crée la polémique en dénonçant une pollution
Dans son viseur Leclerc et la mairie
« Leclerc Pollueur », « Mairie Impliquée ». Vous avez certainement dû vous demander ce qui se passait en voyant ces panneaux installés autour du giratoire à proximité du centre commercial du Bréau à Varennes-sur-Seine. Nous aussi. Et nos pas nous ont mené à l’étang de 11 hectares de la Fontaine du Coeur, profondeur 50 m sur un domaine de 13,50 hectares, peuplé de carpes, brochets, perches, écrevisses où l’on pratique la pêche « No-Kill » de loisirs ou sportive, seul ou en famille, chalets, sanitaires sont à disposition. Un panneau l’indique à l’entrée de la propriété.
Son propriétaire, Assar Houas, 50 ans, chef d’entreprise, l’a achetée, il y a 13 ans de cela et depuis 12 longues années, il est en procédure judiciaire. Jusqu’en 2021, il recevait les eaux polluées de la zone commerciale du centre Leclerc , pompes de lavage des voitures etc. « Aujourd’hui, je suis arrivé au terme d’une procédure de pollution au niveau de la justice sans qu’il n’y ait de décision et çà, je ne peux pas l’admettre. Le dossier est sur la table du procureur et rien ne se passe. J’ai déposé une multitude de plaintes, effectué des constats d’huissier journaliers sur plusieurs mois, les policiers, leurs collègues de la police de l’eau, la fédération de pêche etc., tout le monde a fait son travail. Il est concluant, il atteste de la pollution malgré tout, je ne suis pas entendu. Aujourd’hui, je veux que tout le monde sache ce qui se passe. Les pollueurs ne peuvent pas rester impunis. Je dois être indemnisé. »
Retour sur les faits, lorsque Assar Houas achète les lieux, c’est lui-même qui le dit »c’est une déchetterie sauvage. J’ai mis un an pour défricher, nettoyer et curer le site. En effectuant les travaux, il est apparu que des tuyaux avec des buses de 60 cm étaient enfouis. Il s’avère que la zone du Bréau est construite sous le niveau de l’étang. Résultat: toutes les eaux usées, les hydrocarbures qui parviennent du Leclerc arrivent dans mon étang. La police de l’eau et les différents services concernés ont constaté la mortalité de plus de deux tonnes d’écrevisses. »
Dans le parcours du chef d’entreprise, une épreuve personnelle: « J’ai eu une leucémie en 2013 et dès lors j’ai vu les choses différemment. J’ai toujours aimé la pêche, la nature et j’ai décidé de faire du domaine de « La Fontaine du Coeur » un paradis. Regardez autour de vous, il y a des palmiers, des figuiers, nefliers, camélias etc. On s’y sent bien. Tout cela, c’est des efforts, des investissements pour réparer les dégâts causés mais pas à perte. Je veux et je le répète être indemnisé. » Il ajoute : « la mairie a scindé ma propriété et fait passer un tuyau dans mon terrain pour dévier les eaux de ruissellement à plus de 3 km dans les carrières mais sans mon consentement. Il faut réparation. »
Son but: « que les différentes personnes concernées par le problème se retrouvent autour d’une table pour trouver la solution. Il faut que Leclerc m’indemnise de tous les dégâts et qu’il rachète mon site. » Un préjudice qu’il estime à plus d’un million d’euros, plus l’achat de la propriété.
[Le maire José Ruiz se défend]
Du côté de la mairie de Varennes-sur-Seine, le maire José Ruiz avoue sa surprise: « J’ai découvert ces affiches. Il parle de pollution éventuelle de Leclerc mais il existait déjà avant qu’il ne l’achète. «
Le maire se défend bien d’avoir fait quelque chose qui serait hors la loi ou d’illégal. « Nous ne sommes impliqués en rien du tout. Dans les règles, la commune de Varennes a vendu l’étang de la Fontaine du Cœur à Monsieur Houas. Le Leclerc, je le répète, était déjà construit. La mairie a investi en 2015-2020, plus de 300 000 € pour que le trop plein des eaux de ruissellement de Leclerc contourne son étang pour se vider dans les étangs près de la RN6. Il en a profité. Nous avons proposé un rendez-vous à Monsieur Houas mais un quart d’heure avant la réunion, il s’est désisté. »
Le maire José Ruiz poursuit: « Depuis 2-3 ans, il estime qu’une partie du chemin de Dormelles qui est un chemin rural et foncièrement une propriété communale lui appartient. Nous sommes propriétaires du terrain. Il s’assied sur toutes les règles de droit. Varennes est également propriétaire d’un bout de terrain rural, c’est d’ailleurs à cet endroit que nous envisageons de créer une piste cyclable et une voie piétonne. Ceci étant Monsieur Houas a menacé de mort un adjoint et un responsable des services techniques et pour cela, je l’attaque en justice par rapport à son comportement. »
Quant à Leclerc, il n’a pas répondu à nos sollicitations. Une affaire qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

