En fin de matinée, j’ai entendu du bruit et j’ai vu des hommes dans l’appartement d’Hélène, la dame de 90 ans actuellement en Ehpad à Montereau (voir Le Hérisson du lundi 25 août).
Ils jetaient toutes ses affaires par la fenêtre. Comment peut-on faire ça ? Elle n’est même pas au courant. Et si elle voulait récupérer des papiers, des photos, des souvenirs ? C’est un abus de faiblesse. Elle est restée plus d’un an sans chauffage. Confluence Habitat lui doit de l’argent. Son loyer a pourtant été prélevé ce mois-ci.
Ce matin, les voisins d’Hélène sont sous le choc : « Ils vident son logement. Tout est jeté dans une benne, sans ménagement. » La nouvelle s’est répandue à toute vitesse dans le quartier.
Alex, un témoin, s’est interposé : « Mais vous n’avez pas le droit de faire ça ! » lance-t-il en direction des employés de la société Argonet chargés du déblaiement. « Qui vous a mandatés ? » La réponse fuse : « Confluence Habitat. »
Alex est atterré. « Ils font ça sur ordre du maire, qui est aussi président de Confluence Habitat », scande Roger, locataire et témoin lui aussi de la scène.
« Et les chats ? Où sont les deux chats d’Hélène ? Je les ai vus le 11 août. Je devais les récupérer. J’avais d’ailleurs posé une trappe dans le logement. Je suis bénévole de l’association Animalement Vôtre », souligne David. Le responsable de la société Argonet lui rétorque devant témoins : « Moi, je m’occupe de vider l’appartement. Les chats, ce n’est pas mon problème. »
À 13 heures, une représentante de Confluence Habitat arrive sur place. « D’emblée, elle m’a dit, précise Alex, qu’une procédure allait être engagée contre moi pour abus de faiblesse à l’égard d’Hélène, et que Confluence Habitat était en relation avec l’Ehpad. Je n’ai rien d’autre à vous dire, m’a-t-elle lancé. Et surtout, mêlez-vous de ce qui vous regarde ! »
Alex est outré par ce discours, par la situation : « On me dit que les affaires d’Hélène vont être jetées, que le logement appartient à Confluence Habitat. » Et d’ajouter : « Je suis triste. Le cri de détresse d’Hélène n’est pas pris en compte. C’est le pot de fer contre le pot de terre. »
Désemparé lui aussi, Paul, un autre riverain, a appelé à l’aide le commissariat de Montereau. Mais il constate : « Ils ont refusé de venir. Pourtant, c’est de l’injustice ce qui se passe. »
Quant à Hélène, elle est étrangère à tout ce qui se déroule depuis son Ehpad. « Je n’ose pas imaginer sa réaction », souffle Alex. « C’est affreux. Je n’ai pas les mots. Et je ne me vois pas lui annoncer ce qui se passe. Moi-même je suis dépassé. Il n’y a pas d’humanité dans tout ça ! »

